Le télétravail, vecteur d’insertion sociale

L’accès à l’emploi de nombreux Français est aujourd’hui pénalisé par leurs handicaps, qu’il s’agisse de problèmes de mobilité, auditifs, visuels, etc. Le premier obstacle est l’accès aux bureaux. En effet, les transports en commun ou les locaux de l’entreprise n’offrent pas toujours des accès satisfaisants pour les handicapés. Le deuxième obstacle est l’aménagement du poste de travail, souvent complexe et coûteux. Ces obstacles contribuent largement à l’exclusion des populations souffrant d’un handicap pour lesquelles trouver un emploi devient alors le parcours du combattant. Mais, en matière d’accès à l’emploi, les handicaps peuvent être d’une nature bien différente, comme par exemple la ruralité. Les emplois sont plus rares et moins variés en zone rurale, notamment lorsqu’il s’agit d’emploi à forte valeur ajoutée. Est-ce à dire qu’il faut renoncer à concilier emploi et handicap ? Ruralité et création de valeur ? Les nouvelles technologies vont là aussi changer la donne, notamment par le biais du télétravail, et c’est tant mieux. Explications.

Le télétravail est une véritable solution autant pour les entreprises qui doivent payer de fortes amendes si elles n’intègrent pas suffisamment de salariés handicapés dans leurs effectifs (1 500 fois le SMIC horaire par personne manquante) que pour les individus handicapés eux-mêmes. Pour les personnes handicapées, le télétravail est une chance réelle de renouer avec une activité économique à part entière. Le domicile est parfois l’endroit le mieux adapté pour travailler en raison de traitements médicaux lourds ou d’équipements spécifiques nécessaires. Par ailleurs, le transport jusqu’au bureau qui est souvent contraignant pour les salariés valides peut être une source de fatigue et de démotivation rédhibitoire pour les personnes souffrant d’un handicap. Pour les entreprises, au-delà des lourdes amendes qu’elles peuvent encourir, c’est l’opportunité d’intégrer à leurs équipes des personnes souvent qualifiées et motivées sans aménagements trop lourds.

Concrètement, c’est l’accès à des services informatiques performants qui permet la mise en place du télétravail, que l’on soit handicapé ou non. Mais, s’agissant des travailleurs handicapés, ce matériel informatique doit parfois être d’une ergonomie différente, adapté au handicap sensoriel ou moteur. Ces aménagements doivent bien sûr être réalisés avec sérieux dans le respect des normes de sécurité. Pour les personnes souffrant de surdité ou de cécité, les constructeurs informatiques expérimentent aujourd’hui des programmes toujours plus performants, prometteurs même s’ils doivent encore se démocratiser. Pour les non-voyants, il existe des écrans tactiles en braille ainsi qu’un système de reconnaissance vocale, les deux pouvant d’ailleurs être associés. Pour les malvoyants, des logiciels de grossissement de caractères sont désormais proposés à des prix abordables. Conjointement aux nouvelles technologies de l’information, ces équipements vont favoriser le télétravail des personnes handicapées et donc l’accès à l’emploi.

Pour les populations rurales, l’intérêt du télétravail est patent : c’est l’opportunité d’accéder aux immenses bassins d’emploi que constituent les agglomérations tout en bénéficiant du cadre de vie des zones rurales. Les employeurs en tirent également profit en offrant la possibilité à leurs salariés de bénéficier de meilleures conditions de vie et en pouvant recruter au sein d’une frange de la population jusque là inaccessible. Compte tenu des emplois indirects que cela peut générer pour les zones rurales concernées, c’est tout le tissu économique français qui est gagnant.