Nous connaissions les télécentres en milieu rural au cas par cas suite à l’émergence de divers réseaux, comme Soho Solo.

Grâce à l’étude de Bruno Moriset, géographe chercheur de l’Université Jean-Moulin – Lyon 3, publiée en janvier 2011, nous avons enfin une vision plus large des télécentres dans les territoires ruraux.

Financée par le CNRS, cette étude s’intitule « Développer l’économie numérique dans les territoires ruraux français : une ère nouvelle pour les télécentres ? » et s’intègre dans un projet d’étude plus large : « Communication distante, organisation de la production et économie cognitive dans les territoires périphériques : État des lieux et enjeux de développement (Le Projet Discotec) ».

Ce modèle de télécentres en milieu rural, difficilement théorisable, s’avère être plus un moyen d’attirer les entrepreneurs et de stimuler la vie et l’économie locales (commerces de proximité, vie associative), qu’un moyen de faire des économies environnementales (temps, émissions carbone). En effet, les distances à la campagne sont beaucoup plus grandes qu’à la ville, et pour accéder à un télécentre afin de réduire la solitude du domicile, un télétravailleur devra parfois parcourir plusieurs kilomètres. D’autre part, selon Bruno Moriset, il est presque impossible qu’un tel lieu soit rentable sans de grosses subventions. L’objectif de ces télécentres constitue donc un moyen de revitaliser l’économie des territoires et d’enrenforcer la base économique.

Cette étude détaillée et très accessible permet de poser un cadre simple pour comprendre le télétravail et les télécentres, ce qui est précieux car rares sont les chercheurs qui se penchent sur la question en France.

Comme le conclue le chercheur : « Il reste beaucoup à apprendre des développements en cours dans le Cantal, le Gers, l’Orne. Ces départements apparaissent comme des pionniers, et de nombreuses collectivités attendent un retour d’expérience de ces télécentres ».