A l’heure où télécentres et espaces de coworking se multiplient, l’Observatoire Orange-Terrafemina s’est penché sur les enjeux de la e-mobilité dans la ville de demain. L’institut CSA, en charge de l’étude, s’est intéressé plus particulièrement aux pratiques numériques dans la ville. Cécilia Durieu, cofondatrice de Greenworking, nous éclaire sur le phénomène des « smart cities », « villes connectées » ou encore « villes numériques » et commente les résultats de ce sondage.

Le développement des smart cities est d’abord une réponse aux aspirations des habitants. En effet, 34% des sondés se disent intéressés par la mise en place de télécentres, une proportion qui grimpe à 41% chez les jeunes et détenteurs de smartphones : des pourcentages importants compte tenu du fait que la moitié des métiers sont des postes non télétravaillables.Il y a bien là une tendance qui va aller sûrement aller crescendo au vu de tous les avantages qu’affiche cette pratique. Les smart cities, dans la mesure où elles répondent à des objectifs économiques, environnementaux et sociaux, ne semblent pas pouvoir exister sans de tels tiers-lieux de travail.

D’une part, une ville peut être qualifiée comme intelligente dès lors qu’elle répond à des objectifs économiques. A ce titre, la mise en place d’un réseau de télécentres ou d’espaces de co-working va de pair avec une augmentation de la productivité des salariés et donc de la performance de l’entreprise. De plus,  ces tiers-lieux de travail sont souvent moteurs de l’innovation numérique et fournissent à leurs occupants des postes de travail entièrement équipés et connectés.

D’autre part, dans une perspective de protection de l’environnement, ces tiers-lieux de travail sont l’occasion pour les entreprises de réduire leur empreinte carbone sur l’environnement. En effet, la pratique du travail à distance a pour objectif de rapprocher le lieu de travail du domicile et donc de diminuer les temps (et coûts) de transports. Par ailleurs, la mise en place de tels lieux de travail permet de fluidifier les axes de transports et donc de préserver le paysage urbain.

Enfin, une ville connectée est avant tout une ville au service de l’humain. Une ville n’est intelligente que si elle utilise toutes les nouvelles technologies au service des citoyens. Ainsi, la plupart des applications développées pour ces smart cities ont pour objectif de recréer un lien social : bénéficier des retours d’autres utilisateurs afin de choisir un restaurant, une activité, un prestataire quelconque, travailler aux côtés de personnes partageant les mêmes centres d’intérêt. La croissance exponentielle des espaces de coworking illustre parfaitement ce phénomène. Les coworkers ne sont pas seulement en quête d’un endroit pour travailler, mais ils sont également à la recherche d’une ambiance, de synergies nouvelles interprofessionnelles, interdisciplinaires, intergénérationnelles avec des travailleurs mus par les mêmes motivations. Ainsi, il ne s’agit pas là de technologie à l’encontre du social, mais bien de technologie au service du social.

Retrouvez l’interview intégrale de Cécilia Durieu par Terrafemina.