Renault rejoint aujourd’hui Alcatel-Lucent, France Telecom ou encore IBM dans le cercle encore restreint des entreprises françaises comptant plus de 1000 télétravailleurs.

Pionnier en France suite à l’accord d’entreprise passé sur le télétravail en janvier 2007, Renault comptait pourtant à peine 300 télétravailleurs en 2010. Toutefois, suite à l’assouplissement de l’accord de télétravail en 2010, le nombre de télétravailleurs a explosé chez Renault : ils sont 650 à avoir opté pour le télétravail en mars 2011, soit une hausse de 123 % en un an, et dépassent aujourd’hui le cap des 1000 télétravailleurs.

En pratique, plus de 80 % des télétravailleurs chez Renault travaillent à leur domicile un à deux jours par semaine et sont aussi bien des hommes que des femmes, des cadres que des employés ou des techniciens. Derrière cette parité exemplaire se cache un dispositif d’accompagnement du changement mûrement réfléchi : la mise en place du télétravail chez Renault a en effet fait l’objet de nombreuses études, en amont et en aval de la démarche. Ainsi les télétravailleurs ont été accompagnés, conseillés et formés depuis la naissance du projet jusqu’à sa concrétisation ; par la suite des enquêtes de « satisfaction » ont été menées auprès des télétravailleurs et de leur manageur dans le but d’évaluer les impacts du télétravail sur les conditions de travail, l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, l’efficacité ainsi que la communication et les relations au sein des équipes.

Les résultats de ces enquêtes sont très positifs : d’après Eric Couté, Responsable Corporate télétravail/mobilité chez Renault, « ce mode d’organisation du travail, basé notamment sur la confiance réciproque, contribue à la motivation et permet aux collaborateurs d’améliorer leur confort de vie, tout en gagnant en efficacité individuelle et collective ». La généralisation du télétravail induit en effet une modernisation de l’entreprise à la fois sur le plan du management, avec une évolution du contrôle vers la confiance, et sur le plan des technologies, avec l’utilisation croissante d’outils collaboratif et la dématérialisation des ressources.

Les bénéfices du télétravail se traduisent également en matière de développement durable : pour les 1 000 télétravailleurs de Renault, le télétravail « représente […] une économie des déplacements domicile / travail de près de 5 millions de kilomètres par an », soit au total 745 tonnes de CO2 économisées chaque année[1] (équivalent arbre : 124 hectares[2] soit la superficie de 170 terrains de football).

Le télétravail apparait donc comme un progrès social sur tous les plans ; s’il est encore peu répandu en France en comparaison avec nos voisins européens, nul doute qu’il est en pleine progression, à


[1] Gain annuel = distance annuelle économisée * émission de CO2 au kilomètre, estimée par l’ADEME à 149 g de CO2 par km (moyenne des émissions de CO2 des voitures neuves en France en 2006)

[2] Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, un hectare d’arbre peut absorber jusqu’à 6 tonnes de CO2 par an