Au moment où le baril a à nouveau franchi le seuil des 100$ et pourrait atteindre à nouveau les 150$, il est temps de se poser des questions. Est-ce que les travailleurs et les entreprises sont prêts à modifier leurs comportements et leur organisation pour un moindre recours aux transports ? D’après un article de USA Today de Septembre dernier, 20% des entreprises américaines prévoient de prendre des mesures pour aider leurs employés à faire face à la flambée du prix de l’essence. Ces mesures consistent en l’organisation de covoiturage, le financement des charges liées aux  déplacements en transport public, le remboursement des frais kilométriques et enfin la possibilité de télétravailler.

Et en France, qu’en est-il ? Il y a un an, l’Alliance Ecologique a réalisé un sondage auprès des franciliens sur les transports et les impacts quotidiens qu’ils ont sur le travail. Le sondage montre que l’immense majorité des franciliens (91 %) souhaiteraient réduire le temps passé dans les transports. Dans ce contexte, le télétravail serait-il une solution ? Une autre enquête, réalisée en novembre dernier et publiée par OpinionWay, montre que 72% des personnes interrogées se disent intéressées par ce mode de travail à distance. Les femmes avec enfants sont encore plus nombreuses : 84% d’entre elles souhaiteraient télétravailler, entre un et deux jours par semaine (à 48%). Les raisons ? Moins de fatigue, plus de temps libre et des économies financières non négligeables.

Comment les futurs jeunes cadres imaginent-ils leur mode de vie professionnel, dans un tel environnement socio-économique? Le cabinet Deloitte s’est penché sur la question en novembre 2010 en interrogeant un échantillon représentatif de 400 étudiants en Bac+5 issus d’écoles de commerce et d’écoles d’ingénieurs. Seulement 8% d’entre eux se disent intéressés par le télétravail (ce qui reflète la moyenne nationale de télétravailleurs actuels). Nous pouvons avancer que les jeunes craignent le télétravail à 100% car il coupe du contact avec le reste de l’entreprise, entre autres raisons. Cependant,  ils sont 96% à souhaiter une flexibilité domicile/travail, et 38% ont parmi leurs priorités professionnelles l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Le travail nomade est plébiscité à 65%  et les horaires flexibles à 86%. Enfin, 84% souhaiteraient avoir accès 24H/24 aux outils technologiques et plateformes de l’entreprise. Peut-on donc croire que la nouvelle génération est prête à envisager un travail plus flexible, moins sédentaire, en accord avec leurs contraintes personnelles ?

Source des graphiques : Deloitte