La révolution du télétravail est en marche, même au sein des territoires les plus ruraux. Ainsi, la communauté de communes du pays de Murat, en Auvergne, a fait en 2007 le pari du renouveau en décidant de financer une politique d’attractivité du territoire centrée sur le télétravail. Ce territoire, qui avait perdu 50% de sa population en 50 ans, souhaitait endiguer sa décroissance démographique. 7 ans après, quel bilan ?

Initié sur un territoire pilote, le projet a bénéficié de financements croisés de la part de l’Union Européenne, de l’État et de la collectivité. Cette dernière a ainsi pu investir dans la création d’un télécentre, véritable espace de formation à destination des télétravailleurs indépendants ou salariés. Celui-ci abrite également un espace de coworking et organise chaque année un forum du télétravail rassemblant des centaines de visiteurs. Afin de renforcer l’attractivité du projet et de faciliter les installations sur le territoire, la collectivité a également investi dans des logements passerelles et des résidences d’entrepreneurs. Tout a ainsi été mis en œuvre pour que les projets professionnels en télétravail rencontrent les meilleures chances de succès.

Les premiers chiffres sont encourageants : 25 entrepreneurs se sont installés, 52 personnes au total en comptant les familles (sur les 6000 que compte la commune). Le coût de la politique est estimé à 500 000 euros depuis le début de l’opération pour 1,2 million d’euros réinjectés directement dans le territoire du Cantal, dont notamment 660 000 euros dans des projets immobiliers faisant vivre des artisans locaux. C’est donc une expérimentation qui porte ses fruits, même si certains soulignent la jeunesse du projet, un manque de préparation de certains candidats et un manque de suivi après le lancement des entreprises. La CC du Pays de Murat entend poursuivre l’expérience et prévoit l’installation de 23 à 50 nouveaux entrepreneurs d’ici à 2024.

La mise en place du télétravail dans les territoires ruraux constitue donc un puissant levier d’attractivité. Il contribue à la relocalisation des activités et à la revitalisation de zones rurales en voie de désertification, luttant par là-même contre la disparition des services publics. Quant aux utilisateurs, les avantages du télétravail sur la productivité et le bien-être ne sont plus à démontrer. L’engouement pour ce genre de projet a envahi d’autres territoires, qui se sont également lancés dans des expérimentations prometteuses, comme par exemple le projet Raudin en Aquitaine, le projet Télétravail en Ariège, le projet Soho-solo dans le Gers. La révolution ne semble pas prête de s’arrêter.