Face à l’évolution rapide des technologies et usages numériques, Jean-Paul Huchon,  Président du Conseil régional d’Ile-de-France, et  Jean-Paul Planchou, Vice-président en  charge du Développement économique et des TIC, ont fait voter vendredi dernier (le 30/09/2011) un rapport  cadre pour adapter la politique régionale aux nouveaux enjeux du développement  numérique.

Greenworking se félicite de la présence dans le rapport d’un volet « Soutien au télétravail » dans lequel le Conseil Régional affirme souhaiter favoriser l’émergence de tiers-lieux dédiés au télétravail : télécentres, bureaux partagés et lieux de coworking.  Ce dernier fait suite au vote fin 2010 du budget 2011, au cours duquel le groupe Europe Ecologie – Les Verts a fait adopter un amendement visant à créer des plateformes de télétravail dans différents départements d’Ile-de-France.

Nous avons interrogé Jean-Baptiste Roger, conseiller numérique à la Région, pour mieux comprendre les ambitions de la région en matière de développement de tiers-lieux de travail.

Tout d’abord, Jean-Baptiste Roger nous resitue le contexte de ce texte, en nous précisant que le rapport cadre est un document qui fixe la politique de la région dans les années à venir. Le présent rapport cadre énumère un certain nombre de dispositifs dont l’un vise en effet à favoriser l’émergence de tiers-lieux, afin de permettre aux salariés de bénéficier de solutions de « non transport », aux entreprises de revoir et moderniser leurs organisations de travail, et aux indépendants de travailler dans de bonnes conditions, en maintenant notamment le lien social, en situation de mobilité.

Il déclare qu’« étant donné les expériences menées à Berlin, aux Pays-Bas ou même aux Etats-Unis en matière de réseaux de tiers-lieux, nous nous attendons à voir émerger entre 5 et une douzaine de télécentres en Ile-de-France en 2012. Nous pensons que les structures adopteront des modèles mixtes, avec des espaces occupés sur le long terme, du type hôtels d’entreprises, d’autres plus spécifiquement dédiés aux télétravailleurs salariés et enfin des espaces de coworking pour les indépendants ou nomades. »

Alors qu’aujourd’hui, les huit espaces de coworking franciliens sont situés exclusivement à Paris, M. Roger nous précise que les espaces de coworking ont vocation à se développer dans toute la région Ile-de-France.

Le rapport-cadre prévoit que, dans le cadre de la création d’un tiers-lieu, la région interviendra à hauteur de 50% maximum des dépenses d’investissement pour l’aménagement et l’équipement, dans la limite de 200 000 euros, et à hauteur de 50% maximum des dépenses d’investissement pour l’équipement informatiques des postes de travail dans la limite de 3000 euros par poste et de 50 000 euros pour la totalité des postes.  Dans le cas d’une structure déjà existante qui dispose d’espace libre pour installer des postes de travail de coworking, la Région intervient à hauteur de 50 % maximum des dépenses éligibles dans la limite de 3000 euros par poste de travail et de 50 000 euros pour la totalité des postes. Parmi les conditions d’éligibilité au dispositif d’aides figure la réalisation d’une étude préalable, celle-ci peut être menée par un cabinet indépendant tel que Greenworking, qui a déjà réalisé des études d’opportunités et business modèles d’implantation de tiers-lieux pour le compte de collectivités.

M. Roger nous indique que la commission d’évaluation, qui sera chargée de sélectionner les projets, n’aura pas de plafond en termes de nombre de projets retenus, mais devra cependant respecter la ligne budgétaire allouée à ce sujet pour l’année 2012, qui est en cours de discussion (le chiffre de 1 M d’euros étant fortement pressenti).

A noter qu’un amendement visant à ce que l’Agence Régionale de l’Amélioration des Conditions de Travail (ARACT) soit représentée a été voté vendredi dernier. Jean-Baptiste Roger insiste d’ailleurs sur le fait « qu’il est primordial que les tiers-lieux soient des espaces où il fait bon travailler, et que le bien être des salariés doit être l’une des caractéristiques majeures à prendre en compte lors de la définition du projet. ». Greenworking ne peut que se féliciter de ce parti-pris de la région.

Pour conclure, les prochaines étapes sont les suivantes : émission d’un appel à manifestation d’intérêt dans les semaines à venir, réception des premières candidatures concernant des projets de tiers-lieux, et enfin passage en commission permanente des candidatures début 2012 (en janvier ou février) puis tout au long de l’année.