Alors que l’étude du Comité d’Orientation de l’Emploi1 (COE) révèle que 10 % des métiers sont susceptibles de disparaître en raison des mutations technologiques et 50 % sont susceptibles d’évoluer ou encore que le rapport du Conseil national de productivité pointe que la productivité française est plombée par des lacunes en matière de formation mais aussi de management, la formation est plus que jamais, pour les entreprises comme pour les Etats, le premier des défis économiques. Les entreprises l’ont d’ailleurs compris : « l’upskilling » permanent du capital humain n’est plus un atout mais une nécessité. La formation va ainsi occuper une place croissante dans les priorités stratégiques des entreprises. Toutefois, la question du « comment » reste primordiale en pleine transition digitale. Alors entre les promesses de l’IA et les valeurs sûres de la transmission présentielle, nous partageons avec vous les mutations de la formation auxquelles nous croyons pour les 5 prochaines années.

Julie Duchemin
Julie Duchemin
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1/ Le sur-mesure : autant de formations que d’apprenants

Les apprenants ne sont plus spectateurs de leur apprentissage, ils en deviennent les acteurs et construisent eux-mêmes leur parcours de formation. Ces derniers sont individualisés : ils tiennent compte des besoins, des intérêts mais également des modes d’apprentissage propres à chacun. Les questionnaires de self assessment administrés par gPulseTM permettent par exemple d’évaluer les compétences en amont pour proposer la formation la plus adaptée à l’apprenant. C’est le basculement du content-centric vers le learner-centric.

2/ Le P2P learning : exploiter le potentiel de savoir du réseau

Avec la révolution numérique, les compétences sont amenées à se renouveler de plus en plus rapidement, et les budgets formation ont du mal à suivre. Pour résoudre cette dichotomie, pourquoi ne pas capitaliser sur le trésor de compétences que représente un effectif de plusieurs milliers de professionnels existant déjà dans l’entreprise ? Avec l’apprentissage entre pairs, chacun devient formateur à son tour. Chez Greenworking, nous accompagnons nos clients à la mise en place de catalogues de compétences et de réseaux de P2P learning. Bienvenue dans l’ère de l’apprentissage en écosystème !

3/ Diversité : plusieurs dizaines de formats émergent tous les ans, de la minute de vidéo augmentée au parcours initiatique d’une année, du gymnase digital au bootcamp en conditions extrêmes…

Selon Unow2, 24h après une formation en présentiel, 50% des connaissances enseignées sont oubliées ! Pire encore, c’est plus de 90% au bout d’un mois… Il est désormais impossible de miser sur la seule formation présentielle pour faire apprendre les collaborateurs. Le digital démultiplie les possibilités d’apprentissage : MOOC, SPOC, COOC, classes virtuelles, webinars, micro learning, coaching digital, vidéos augmentées, parcours de réalité virtuelle, mobile learning, etc. Autant d’expériences qui rendent la formation de plus en plus accessible à tous, et ce depuis son bureau, son canapé ou encore les transports en commun.

 4/ … à combiner et à assembler

Devant la multiplication des formats, l’apprentissage hybride ou blended learning consiste à combiner des séquences de formation en ligne et de formation en présentiel. Les frontières de la formation sont repoussées et une multitude de formules peuvent être imaginées : quiz à distance, session de formation en présentiel, webinar de consolidation des compétences, coaching, retours d’expérience entre apprenants, etc. Un exemple frappant de l’efficacité de la méthode est l’accompagnement par Greenworking d’un organisme de l’Assurance maladie dans l’acquisition des méthodes de gestion de projet agile.

5/ L’expérientiel : faire vivre pour faire comprendre

Bernadette Lecerf Thomas dans son ouvrage « Activer les talents avec les neurosciences »3 explique comment l’émotion facilite la trace mnésique. Les émotions jouent un rôle primordial dans l’apprentissage. Ainsi un des meilleurs moyens d’apprendre, c’est de vivre des expériences, de le ressentir dans ses tripes, et cela peut être dans un tout autre contexte, loin des bureaux ! Rien de tel que d’emmener les apprenants dans un cadre radicalement différent de celui de l’entreprise. La méthode est simple. D’abord, nous faisons vivre une expérience aux apprenants : travailler dans une brasserie pendant une journée pour comprendre certains enjeux de la collaboration, comprendre ses limites en faisant de l’alpinisme en équipe, etc. Puis, nous amenons alors les participants à verbaliser leurs vécus, à prendre du recul sur eux-mêmes, et à comprendre ce qui s’est joué dans l’expérience.

6/ Les soft skills, toujours et encore 

Intelligence émotionnelle, créativité, capacité à coopérer, habilités relationnelles, influence, etc. Les soft skills ou savoir-être ne sont qu’au début de leur essor. 90 % des recruteurs4 sont ainsi convaincus que ces compétences vont continuer à prendre de l’importance dans les années à venir car elles sont, pour le moment, celles que les robots ne sont pas capables de dupliquer. Et le champ de ces soft skills ne cessent de s’étendre : débiaisage, mindset agile, curiosité, présence, visualisation, éthique, etc.

7/ La gamification, pour faire oublier l’effort

Il y aurait en France 35 millions de gamers5. Le jeu vidéo est ainsi la 1ère industrie culturelle en France et, parmi ces joueurs, 75% ont plus de 18 ans.  La gamification utilise les principes du jeu pour favoriser l’engagement de l’apprenant dans sa formation. En générant des émotions positives, la gamification suscite l’adhésion, maintient l’attention, motive l’action, et permet un meilleur apprentissage. Que ce soit grâce à des « serious games » en ligne, ou à des jeux tangibles (jeu de plateau, jeu de cartes, bracelets anti-plaintes, etc.) les formations vont intégrer de plus en plus de game design aux parcours d’apprentissage. Enfin, si ce qui se passe pendant le jeu est essentiel, ce qui se passe après l’est encore davantage. Le jeu pédagogique se distingue en effet des autres jeux par les retours d’expérience, qui permettent de capitaliser et d’emmagasiner ses nouvelles connaissances.

8/ Les marqueurs de progrès, ou comment valoriser l’apprentissage ?

Dans une économie où 80% de nos compétences devront être renouvelées tous les 5 ans, il apparait indispensable de savoir valoriser ses compétences. L’enjeu pour les collaborateurs ? Acquérir des compétences dont la valeur est reconnue sur le marché du travail, et ainsi maintenir leur employabilité sur le long terme. La réforme de la formation professionnelle va d’ailleurs dans ce sens : un compte personnel de formation (CPF) permet à chacun de cumuler des heures dédiées à la formation professionnelle chaque année. Une application sur smartphone dédiée au CPF voit ainsi le jour en 2019. Là encore, plusieurs options pour les entreprises : proposer aux collaborateurs de passer des certifications, des diplômes ou encore attribuer des badges aux compétences acquises. Nombre d’écoles surfent sur cette vague, telles que l’ESSEC qui lance sa formation certifiante « Strategic Approaches to Digital Convergence » de 12 jours répartis sur plusieurs mois pour former les digital officers.

9/ Des outils, mais pas que !

Aujourd’hui, la priorité est mise sur des formations outillantes. Demain, les entreprises investiront dans des programmes plus stimulants intellectuellement, permettant à leurs (futurs) décideurs de prendre du recul sur leurs décisions, de prendre conscience de leurs biais cognitifs, de mesurer les impacts à long terme de leurs stratégies, etc. Parallèlement, les attentes sociétales et environnementales étant de plus en plus prégnantes, les entreprises proposeront des formations « citoyennes » sur des sujets tels que la diversité, l’écologie ou encore l’éthique.

10/ Saisir les premières opportunités de l’intelligence artificielle plutôt que la craindre

Après des années de « one fits all », la tendance est à la personnalisation de la formation et l’intelligence artificielle vient accélérer ce mouvement. C’est ce qu’on appelle « l’adaptive learning » ! Si le maître virtuel semble être encore loin de remplacer le formateur, de nombreuses solutions dotées d’intelligence artificielle permettent déjà de personnaliser la formation en intégrant des données pointues sur les apprenants : compétences déjà acquises, préférences d’apprentissage, chrono-ergonomie, vitesse de progression, etc. Des startups telles que Speexx développent ainsi des algorithmes permettant de réaliser une analyse prédictive et intuitive du comportement de l’apprenant, renforçant ainsi l’efficacité de son apprentissage.

Découvrez les formations et conférences Greenworking : « agir en entreprise », « le leader éthique », « le leader frugal », « diversité, discriminations et biais cognitifs », « renverser une culture sexiste », « management interculturel », etc. 

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